L'impossible retour

Dernière mise à jour : 12 avr. 2021

بسم الله الرحمن الرحيم


Quand je mets en balance ma vie de musulman, avec tout ce qu'elle implique en termes d'exigences et de contraintes, et ma jahiliya, je me dis que pour rien au monde je ne voudrais revenir en arrière.


Qu'est donc pouvoir faire la grasse matinée, ou consommer tout et n'importe quoi, en contrepartie de cette profonde angoisse de ne pas connaître La Direction, le Sens de toute cette existence ?


Car malgré ma pseudo liberté, je ne pouvais me départir d'un mal-être permanent, un sentiment d'insécurité tenace, l'impression de naviguer à vue dans un brouillard épais.


Rien n'avait de sens, tout me paraissait absurde, sans la moindre cohérence - et l'univers entier semblait se rire de moi, prisonnier que j'étais de mon aveuglement, comme un insecte se cogne inlassablement contre la vitre, ou tourne des heures autour de l'ampoule au plafond.


Oui, je passais ma vie à tourner autour de l'ampoule du Dunya, irrépressiblement attiré par sa lumière artificielle - mais jamais satisfait de cet éclairage médiocre, aussi intense qu'il pût être ; car je pressentais bien que tout cela était absurde, n'aboutissait à rien, et surtout qu'il manquait quelque-chose : ni les biens matériels, ni les enfants, ni les succès professionnels ne suffisaient à combler ce manque qui m'oppressait sourdement.


Aujourd'hui, je sais d'où je viens et où je vais : je connais La Destination, Le Retour - et je dispose même d'un guide complet pour m'indiquer la voie et m'orienter.


Alors, qu'importe si les nuits sont courtes, et les genoux douloureux, et l'estomac plus souvent vide que plein ; qu'importe si les succès professionnels se font rares et si l'argent ne coule plus à flots - car je suis enfin en paix, serein, je sais pourquoi je me lève, et surtout je sais que le monde tourne de Main de Maître sans qu'il soit besoin de s'en soucier.


Tout ce qu'il m'incombe, c'est d'être confiant et reconnaissant envers Celui qui pourvoit à ma subsistance, et m'attribue de LUI-même tout ce qu'il me faut sans que j'aie besoin de le demander.


Et de L'adorer comme Il me le demande.


Et de ne jamais L'oublier.


Tel est le prix de la paix.


Mais ne dit-on pas que la paix n'a pas de prix ?

 

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