À l'épreuve de l'injustice

Dernière mise à jour : 27 août 2019

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيْمِ


Tu mets des mois à essayer de domestiquer ton ego, à le refouler - et tous tes efforts sont ruinés en une fraction de seconde, l'espace d'une contrariété ou d'une frustration.


Alors que j'avais à peu près réussi à stabiliser mon état, à apaiser des années de colère, la violence judiciaire est venue, une fois de plus, réveiller ce terrible sentiment d'injustice qui me plonge dans une révolte permanente.


Endurer des années la privation d'enfants par la justice, te dire que ce sera fini à leur majorité, et entendre la juge des tutelles t'en remettre une couche pour de très longues années en sortant les vieux dossiers contre toi, avec tout le mensonge et la malhonnêteté que ça implique, c'est trop.


Car la "justice" familiale procède ainsi : elle élabore des motivations le plus souvent fallacieuses pour te discréditer, fondées sur de la pure calomnie, et les grave dans le marbre des minutes judiciaires ; et ces jugements à charge seront comme autant d'étoiles jaunes d'infamie qui vont te coller à la peau ad vitam æternam, et qu'on ressortira opportunément chaque fois qu'il s'agira de te dézinguer.


Cette privation d'enfants par la voie judiciaire est la plus insidieuses des pertes humaines, car elle relève d'une volonté humaine : perdre un proche de mort naturelle, c'est terrible, mais tu peux te dire que c'est un décret divin et te faire une raison, faire ton deuil.


Mais quand c'est le fruit d'une volonté humaine raisonnée, élaborée, qui délibérément te torture en t'enlevant ta chair, c'est insoutenable.


Certes, le croyant y verra une épreuve, à juste titre, derrière laquelle s'exprime la Volonté suprême ; mais bien malin celui qui peut l'endurer sans la moindre variation de l'âme, en se gardant du moindre ressentiment à l'égard de ceux qui, avec le plus effroyable cynisme, vont lui jeter à la face les pires mensonges pour justifier la privation de ses enfants :


Car qu'on t'enlève ce que tu as de plus cher sur terre, c'est déjà dur, mais qu'on rajoute à ça l'opprobre et l'infamie, le mensonge et la calomnie, ça devient insupportable.


Là réside toute l'injustice, et le sentiment qui l'accompagne nécessairement.

Alors l'âme réagira de plusieurs manières, selon les individus : colère et révolte pour les plus orgueilleux, blessés dans leur amour propre (je crains d'être de ceux-là) ; tristesse et repli sur soi pour les plus humbles ; dépression et suicide pour les plus fragiles...


Quoi qu'il en soit, tous les pères (et les quelques mères) que je connaisse, qui sont passés au crible de cette épreuve, sont aujourd'hui, pour la plupart, désocialisés, ruinés, brisés, n'ayant plus ni motivation ni envie, survivant tant bien que mal en s'acquittant péniblement des besoins vitaux élémentaires.


Pour ma part je suis rongé par la colère : je vois tout et tout le monde avec l'œil de la colère, tout m'excède, je ne supporte pas les défauts et manquements de mon prochain, que je vais juger impitoyablement et condamner sans appel.


Je demande ici pardon à tous mes proches que j'ai pu blesser par cette colère débordante, cette irascibilité permanente, et que je continuerai probablement à blesser dans l'avenir.


Je promettrais bien de m'amender, mais je ne suis pas sûr de pouvoir tenir parole.


Je ne puis qu'assurer d'une intention sincère - mais est-ce suffisant ?


Tout le monde n'a pas la constance et l'endurance du noble père de Sidna Yusuf (la paix soit sur lui).


(Soutenir mon travail.)

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