top of page

Sirat Al-Mustaqim

Dernière mise à jour : 5 févr. 2021

بسم الله الرحمن الرحيم

Sirat Al-Mustaqim - Blog - Stéphane Abdallah ILTIS

Muhammad ﷺ, c'est la conscience d'ALLAH ﷻ dans nos cœurs.


Si nous perdons Muhammad ﷺ, nous perdons ALLAH ﷻ et nous sommes égarés – déboussolés.


Le Sirat Al-Mustaqim – le chemin droit – c'est l'alignement parfait entre le cœur et ALLAH ﷻ, via l'esprit muhammadien – car Muhammad ﷺ est le point d'alignement, l'interface entre le cœur et ALLAH ﷻ :


Si ton cœur ne trouve pas Muhammad ﷺ et ne s'aligne pas à lui, il n'atteint pas ALLAH ﷻ.


Muhammad ﷺ est bel et bien en chacun de nous : c'est l'héritage génétique de notre ancêtre à tous, Sayyidina Adam عليه السلام, que nous nous sommes transmis de pères en fils, de générations en générations.


C'est cette lumière qu'ALLAH ﷻ avait mise dans son front, et destinée à circuler par la matière qui en est le vecteur terrestre (je renvoie au Hadith de Jabîr رضي الله عنه).


Le Walî nous sert juste à raviver la petite flamme de l'amour muhammadien qui se trouve nativement dans nos cœurs – car nous avons besoin pour ce-faire qu'une manifestation vivante de Sayyidina Muhammad ﷺ stimule nos sens.


Une fois la flamme de l'amour muhammadien réveillée, le cœur s'oriente sans problème vers l'esprit muhammadien, et donc vers ALLAH ﷻ qui en est le prolongement.


Sachant que l'esprit muhammadien se trouve au niveau du Ruh, lui-même localisé à la partie supérieure du cœur.

 

EDIT

Le cœur est constitué des deux pôles : Ruh et Nafs (respectivement en-haut et en-bas).


Au centre, la boussole, ou point d’équilibre central entre les deux dimensions – spirituelle et matérielle – où s’exerce notamment le libre arbitre qui permet de balancer en conscience de l’une à l’autre.


Et, entre ce point d’équilibre central et chacun des deux pôles, une zone des influences qui, selon son poids, son importance, sera déterminante dans l’orientation du cœur vers l’un ou l’autre pôle, jouant le rôle d’aimant intermédiaire (sachant que, en soi, Ruh et Nafs sont déjà des aimants – respectivement par l’attraction de la Lumière muhammadienne et de l’ego – et ce sont eux d’ailleurs qui, par l’équilibre de leur antagonisme – leur harmonie – , déterminent l’immoralité et la piété de l’âme évoquées dans Surat Ash-ShamsQur’an 91:7-8 ; mais leur force d’attraction respective peut justement être brouillée par ces attractions intermédiaires) ; cette double zone, procédant de l’amour, consiste essentiellement en attachements qui vont venir renforcer, alimenter l’attraction de la Lumière muhammadienne ou de l’ego, en projetant sur eux l’amour de l’une ou de l’autre – et ils seront déterminants dans l’orientation, l’inclination finale du cœur vers Ruh ou Nafs :

  • Entre la boussole et Ruh, la zone des influences sain(t)es : il s’agit des amours et attachements qui vont refléter la Lumière muhammadienne et incliner le cœur vers Ruh – essentiellement les figures et manifestations de la foi et de la piété : amour de Sayyidina Muhammad ﷺ, des prophètes et des Sahaba tels qu’on les perçoit (il n’est pas nécessaire d’être éteint en Sayyidina Muhammad ﷺ pour qu’il exerce une influence bénéfique : même un amour imparfait, superficiel et non exclusif peut suffire à – au moins – remettre le cœur dans la direction de sa Lumière) ; amour du Shaykh et des Awliya ; amour des frères et sœurs de religion et goût de la Suhba ; attachement à la Salat et au Dhikr (l’amour du Prophète ﷺ pour la prière est bien connu) ; goût des Qasa’id et Nashîd (poèmes et chants religieux) ; assiduité aux Majalis (assises de science) ; globalement, tout ce qui relève de la pratique et de la culture religieuse – d’où l’importance déterminante du fait religieux dans la spiritualité et l’état du cœur. La culture et le renforcement de ces bonnes influences déterminent à terme l’orientation du cœur vers Ruh, participent pleinement du cheminement vers la Lumière muhammadienne, et aboutissent au dévoilement du Sirr – pourvu qu’ils s’inscrivent dans un Suluk bien déterminé et rigoureusement encadré comme nous le verrons par la suite.

  • Et entre la boussole et Nafs, la zone des influences malsaines : il s’agit des amours et attachements qui vont venir flatter l’ego et incliner le cœur vers Nafs – essentiellement les occurrences et manifestations du mauvais conseiller furtif (Al-Waswasi Al-Khannas) tel que décrit dans Surat An-Nas (Qur’an 114:4-5-6) – qu’il s’agisse du qarîn intrinsèque ou de tout autre shaytan parmi les jinn et les humains – , lequel va venir enjoliver les besoins de l’ego et les passions de Nafs pour inciter à leur assouvissement effréné – jusqu’à l’abus, jusqu’à la transgression : cette influence malsaine peut revêtir l’aspect de toute mauvaise fréquentation, ou de toute production qui va venir exacerber les besoins égotiques et passions (toutes les créations « artistiques » de l’industrie de l’entertainment et de la grande consommation : cinéma, chanson, publicité…) ; et il convient de souligner que le mauvais conseiller furtif n’existe et ne peut intervenir QUE par l’ego, source de tout mal, qui, s’il n’est pas encadré par la Shari’a et la Sunna, prend le contrôle intégral du cœur en lui imposant l’assouvissement illimité de tous les besoins qu’il génère ; lesquels finissent par se transformer en passions, et donc en Nafs, par leur réitération, leur culture et leur sophistication en tendances durables et souvent perverses (c’est pourquoi la loi religieuse encadre cet assouvissement des besoins par un protocole strict, de manière à en atténuer le plaisir : c’est ainsi que, même la façon d’étancher sa soif est réglementée par la Sunna du Prophète ﷺ). L’exposition prolongée à ces mauvaises influences renforce donc l’ego, participe activement de la formation de Nafs (entendue comme la cristallisation des besoins égotiques ponctuels en addictions et passions durables, par la réitération compulsive et chronique de leur expérimentation – mais aussi en traits de caractère malsains, en personnalité morbide), de l’orientation du cœur vers elle, et peut même dériver, à terme, en état diabolique, faisant de l’individu un shaytan achevé.

ALLAH évoque les influences, sain(t)es et malsaines, au verset 28 de Surat Al-Kahf :


وَٱصْبِرْ نَفْسَكَ مَعَ ٱلَّذِينَ يَدْعُونَ رَبَّهُم بِٱلْغَدَوٰةِ وَٱلْعَشِىِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُۥ ۖ وَلَا تَعْدُ عَيْنَاكَ عَنْهُمْ تُرِيدُ زِينَةَ ٱلْحَيَوٰةِ ٱلدُّنْيَا ۖ وَلَا تُطِعْ مَنْ أَغْفَلْنَا قَلْبَهُۥ عَن ذِكْرِنَا وَٱتَّبَعَ هَوَىٰهُ وَكَانَ أَمْرُهُۥ فُرُطًۭا
Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d'eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n'obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier.

Le 03 février 2021

 

OBTENIR CET ARTICLE EN FORMAT PDF

 

Tous droits réservés © Stéphane Abdallah ILTIS / Abu Al-Huda : toute reproduction interdite, même partielle, sans autorisation écrite de l'auteur.

35 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout