Processus du Dhikr (4)

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيْمِ


Tout commence par les sens physiques (ouïe, vue, toucher, odorat...), car ce sont eux qui vont inséminer dans le cœur l'amour du Shaykh : car êtres sensibles, prisonniers d'un corps physique qui occulte notre spiritualité, nous ne savons aimer que par les sens.

D'où la nécessité de l'imagination, dans un premier temps, pour établir la Rabita - car l'imagination se fonde sur un souvenir sensible (celui de l'image, de la parole...) ; puis de la vision, dans un second temps - l'esprit restituant spontanément l'image initialement perçue par les sens.

Dès cette étape, le cœur (jusqu'ici en veille de l'amour divin) commence à luire faiblement, stimulé par cet amour du Shaykh : il est "amorcé" par les sens, comme un feu naît d'une étincelle.

Alors le disciple peut commencer le Dhikr, qui va entretenir la flamme de l'amour du Shaykh et l'aider à grossir, le renforçant.

Jusqu'au moment où l'amour du Shaykh va passer du stade de l'amour représentatif, figuratif, superficiel, au stade de l'amour purement spirituel (en d'autres termes : du stade externe - car l'image n'est jamais que la projection dans l'esprit d'un corps extérieur - au stade interne - de l'amour intérieur) :

À force d'imagination et de Dhikr (le Dhikr est le mouvement sans lequel rien ne se fait), une brèche se sera formée dans le voile enfermant le cœur du Murîd, par laquelle l'esprit du Shaykh aura pu pénétrer.

À ce stade, l'amour du Shaykh est ancré dans le cœur, de telle manière que le disciple n'a plus besoin de l'image : ce n'est plus l'image du Shaykh qui va alimenter la Lumière divine dans le cœur du disciple, mais son propre esprit, qui va se mêler et se confondre avec celui du Murîd : la Lumière du Shaykh pénètre le cœur du disciple et absorbe sa Lumière dans la sienne, n'en faisant plus qu'une - celle du Walî.

Une fois que le Shaykh a bien pris place dans l'esprit du Murîd, qu'il a pris les commandes, que sa propre Lumière occupe le cœur du disciple, commence véritablement son travail : de l'intérieur, toujours sous l'effet du travail de Dhikr (qui agit comme une respiration, comme une pompe sans laquelle le processus s'arrête), il commence à y déverser, en flux continu, par le canal de la Silsila qui le lie à Sayyidina Muhammad ﷺ, toute la Lumière divine - qui consiste en l'amour du Prophète ﷺ (car il est l'intermédiaire obligé entre l'homme et Son Créateur, et il ne saurait y avoir de connaissance d'ALLAH سبحانه و تعالى sans connaissance du Messager ﷺ).

Au début la Lumière du Shaykh prend une place relative (celle correspondant à la capacité de contenance du cœur du Murîd, comprimé par la couche compacte de ses péchés agissant comme une coquille).

Puis, au fur et à mesure que la Lumière divine pénètre, la coquille (le voile) finit par céder, implosant littéralement sous la pression lumineuse.

Alors la Rabita (l'amour du Shaykh) est passée du stade de l'esprit à celui du Sirr (du secret), car elle consiste désormais dans le partage de la pleine et entière connaissance divine.

L'association du Dhikr et de la Rabita est ce qui a permis ce résultat - et l'un sans l'autre ne sauraient opérer : la Rabita est ce qui éveille l'amour divin dans le cœur, et le Dhikr est le mouvement qui lui permet de s’étendre à l'infini, en passant par plusieurs stades et stations.

La Rabita sans Dhikr est comme une flammèche née d'une étincelle au sein d'un foyer, mais privée de l'oxygène nécessaire à sa propagation.

Le Dhikr sans Rabita est comme un souffle dans le vide, sans étincelle à embraser, sans feu à attiser ;


Comme une pompe tournant à vide.


Et ALLAH سبحانه و تعالى est plus savant.


Processus du Dhikr (4) - Blog - Stéphane Abdallah ILTIS

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