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Faut-il voir des lumières dans le Dhikr ?

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيْمِ


QUESTION À SIDNA SHAYKH ‘ABD AL-‘AZIZ AL-AMGHARI

(Sur le thème des "lumières dans le Dhikr")


Faut-il voir des lumières dans le Dhikr ? - Blog - Stéphane Abdallah ILTIS

Question :

Des frères de certaines voies estiment qu'il est nécessaire de voir des lumières pendant le Dhikr, et souhaitent connaître l'avis du Shaykh en la matière.

Réponse du Shaykh (transcription à sa demande d’un audio du 06/07/2019) :

Il s’agit là d’un sujet que je n'aime pas trop aborder, vu ce qu'il peut impliquer sur le cheminement d'un frère, et les détournements qu'il peut causer sur la demande d'ALLAH.

Quand un homme essaye de prendre une seule direction, et oriente toute sa concentration et toute sa volonté sur une chose (ou un minimum de choses), ça donne une force à son esprit, et ça ouvre des sens dans son cœur.

Et ça, c'est une loi qui s'applique aux musulmans, aux bouddhistes, aux chrétiens… – à tous les gens qui essayent de réaliser cette canalisation de la force : ils ne voient personne, ils ne parlent à personne, et s'orientent vers ALLAH, ou vers Dieu, ou vers... je ne sais pas...

Et puis, à un certain moment il y a des portes qui s'ouvrent devant eux : ils voient des choses qui s'éclairent, ils voient des lumières…


Chaque cœur a une spécificité bien à lui, qu'aucun autre cœur n'a.


Et les hommes du Tasawwuf disent qu’il y a autant de Turuq (voies) que d'âmes vivantes : ce qui signifie que chaque homme a un cheminement, une Tariqa qui lui est propre.

Et quand des gens viennent chez un Shaykh pour essayer de cheminer vers ALLAH, il apparaît que la notion de ALLAH est différente pour chacun d’eux :


Ainsi, chaque personne à qui on demande ce qu'est ALLAH en donne une définition propre – en fonction de ce qu’elle attend de LUI, de sa demande, de ses aspirations…


Et plus on approfondit le sujet, plus on voit qu'il y a mille différences entre deux personnes qui, en apparence pourtant, disent la même chose : « Nous voulons cheminer vers ALLAH ».


Autrement dit : il y a autant de conceptions d’ALLAH et du cheminement vers LUI, qu’il y a de personnes – conceptions forgées par toutes les appréhensions, toutes les choses qui sont en elles.


Et quand quelqu’un vient chez le Shaykh, le Shaykh voit tout ce brouillon en lui – mais sans le moindre jugement ou reproche : il voit quel est son état, ce qu'il attend d'ALLAH, ce qu'il attend de l'Islam, ce qu'il attend de son cheminement, ce qu'il attend du Shaykh qui est en face de lui, ce qu’il voit en le Shaykh, quelle est sa perception des choses…