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Destin et libre arbitre

Dernière mise à jour : 12 avr. 2021

بسم الله الرحمن الرحيم


Nous livrons ici deux réflexions contradictoires.

Il nous paraît intéressant de livrer les deux hypothèses – car c'est de l'une que naît l'autre : des interrogations qu'elle pose.

Cela montre le cheminement complet de la pensée.

Nous privilégions et retenons, pour notre part, la seconde hypothèse, que nous avions déjà approchée et développée dans d'autres posts.

Car si la première découle d'une réflexion qui se veut "logique", la seconde vient plutôt du cœur.

Et ALLAH ﷻ est Le Plus Savant.

Qu'Il nous guide vers La Vérité et nous pardonne nos erreurs, ainsi que les manquements qu'elles recouvrent.


 

PREMIÈRE HYPOTHÈSE :

Le destin connaît trois stades :


  1. Le stade initial : c'est le destin qui a été assigné à l'homme à sa genèse : cela correspond au livre initial ;

  2. Le stade intermédiaire : c'est le temps de la réalisation de toutes les causes de changement du destin initial (invocations, inclinations du cœur[1]...), qui sont autant d'éléments prédestinés de réécriture du livre initial, et donnent le livre modifié ; ces causes n'apparaissent pas dans le livre initial : elles doivent se présenter comme quelque-chose de spontané et d'aléatoire, relevant du libre arbitre du Serviteur – bien qu'elles ne soient rien de tout cela ;

  3. Le destin absolu, que seul ALLAH ﷻ connaît, qui correspond au livre préexistant qu'Il conserve par devers LUI jusqu'au Jour des Comptes, et qui correspond mot pour mot – à la virgule près – au livre modifié, réécrit ; c'est ce livre qui sera remis au Serviteur le Jour du Jugement : il est le bilan définitif des causes et actions effectuées par lui au cours de son séjour terrestre, telles que les a voulues ALLAH ﷻ de toute éternité ; ce livre contient et répertorie, comme autant de décrets, toutes les causes de changement qui vont entraîner la réécriture du livre initial.

Dans tous les cas, il n'est rien qui ne résulte de La Volonté d'ALLAH ﷻ, et qui n'ait été préalablement posé par LUI comme décret immuable : Il a strictement tout créé – même les doutes, hésitations et tergiversations des hommes ; les invocations modificatives de leur destin ; Ses Propres Changements d'avis (ou ce qui nous apparaît comme tel) : tout, absolument tout, résulte entièrement de Sa Discrétion. Car il n'y a aucune place au hasard et tout est verrouillé : de toute éternité, l'adorateur est fait pour L'adorer et Le rejoindre dans Son Paradis, quand le négateur est fait pour démentir et tourner le dos. Et rien ne saurait infléchir la rigueur de ce plan : ALLAH ﷻ est Le Plus Sûr dans Sa Parole et Son Décret, et Il ne s'y reprend jamais à deux fois pour décider de quelque-chose.

Car Il n'est pas une girouette qui hésite et change d'avis, parce qu'Il envisage de pouvoir s'être trompé. D'autant qu'Il n'a de comptes à rendre à personne, et n'a aucune crainte des conséquences de Ses Choix. Que ceux qui ont le bonheur d'avoir été choisis par LUI comme des adorateurs, et d'en comprendre La Grâce Incommensurable, ne se lassent jamais de L'en remercier le plus chaleureusement.

Car l'arbitraire de Sa Volonté les a ô combien favorisés – s'ils savaient !

***

Il n'y a pas dans le destin de changement spontané, aléatoire : tout changement est programmé, prévu, écrit. Quant-au libre arbitre (qui peut donner à l'homme l'illusion de prendre une part dans le choix de son destin) : C'est le fait de choisir en conscience ce qu'ALLAH ﷻ a voulu pour nous.

C'est que ALLAH ﷻ nous laisse décider nous-mêmes de ce qu'Il a préalablement voulu, pour engager notre responsabilité et que s'accomplisse pleinement notre destin – sachant qu'Il nous a programmés et conçus pour faire ce choix (quoi qu'il arrive on ne peut pas en faire d'autre : c'est écrit), tout comme on programme une machine : une fois qu'elle est programmée, rien ne saurait infléchir sa ligne de conduite et la détourner de sa destination – et on pense au Terminator meurtrier, conçu pour éliminer : une fois lancé, c'est lui seul qui agit pleinement, sans qu'il soit besoin de l'influencer ou rappeler à l'ordre.

C'est ainsi qu'on est soumis ou dénégateur de plein gré : on est prédestiné à faire ce choix, mais le choix est le sien quand-même ; car même influencé à faire quelque-chose, à partir du moment où on n'est pas fou et où le discernement n'est pas aboli, on est pleinement responsable de son choix.


Dans l'absolu, ce choix est une illusion – car il est subordonné à Celui, Souverain, d'ALLAH ﷻ ; mais dans la pratique, à l'échelle terrestre, il est bien le nôtre, effectif : exercé dans les conditions de liberté requises, dans le cadre d'une alternative claire.

 

[1] Selon les influences auxquelles il est soumis (fréquentations sain(t)es ou malsaines), le cœur du Serviteur inclinera soit vers son esprit divin (Ruh), soit vers son âme charnelle (Nafs) ; soit vers l’acceptation des signes, soit vers son rejet ; et, selon ces orientations, ALLAH ﷻ créera des actions productrices de hassanatan ou de sayyi’atan, de manière à charger le plateau de la balance correspondant à l’inclination du cœur : si le cœur penche du côté du Dunya et des passions, ALLAH ﷻ créera des mauvaises actions ; s’il penche du côté de l’Akhira et de l’adoration, ALLAH ﷻ créera des bonnes actions.


 

SECONDE HYPOTHÈSE :

Rien n'est définitivement joué, et ALLAH ﷻ Se réserve la possibilité souveraine de changer Son Décret final (concernant l'individu) à tout moment – que ce soit du vivant terrestre de Son Serviteur, ou même après le Jugement.

Le livre est réécrit au fur et à mesure, en fonction des orientations du cœur du Serviteur qui vont déterminer les portes, les causes, et les actions qu'ALLAH ﷻ crée pour LUI (l'action se joue en temps réel). Cela suppose que le Serviteur a une marge de manœuvre, en ses orientations du cœur qui constituent son libre arbitre (accepter ou refuser les signes d'ALLAH ﷻ tels qu'ils se présentent).

En fait, toute l'existence est une suite d'épreuves en vue d'examiner les orientation successives du cœur, qui détermineront hassanatan et sayyi'atan et constitueront le livre des comptes (on parle ici du livre modifié). Et surtout, qui détermineront par ALLAH ﷻ le voilement ou le dévoilement du cœur de Son Serviteur. Il y a donc pour l'homme un enjeu crucial dans le Dunya, dans sa façon de traverser, d'aborder, et de percevoir ce film qui se déroule sous ses yeux, au fur et à mesure que se présentent les épreuves, les examens, les signes, les portes – tels que prédéterminés.

Car il y a d'un côté les évènements, tels que créés par ALLAH ﷻ ; et d'un autre, la manière dont nos cœurs les perçoivent en termes de croyance – et ça, c'est notre prérogative en tant qu'humains : sachant que, par le Ruh divin, nous jouissons de cette faculté souveraine d'orienter notre cœur (vers la croyance ou la mécréance) en fonction des signes qui nous sont en permanence envoyés et soumis.

Qu'on soit voilé ou pas : quelqu'un de voilé peut fort bien admettre la possibilité de l'Existence Suprême. Tel est le libre arbitre.

Et c'est cette faculté, que nous laisse ALLAH ﷻ, d'accepter ou de refuser, de croire ou de mécroire, de douter favorablement ou défavorablement de Son Existence – en fonction de notre propre jugement, des influences extérieures, des signes – qui fait que, d'une certaine manière (toutes proportions gardées), nous sommes "maîtres" de notre destin – ou du moins que nous avons la possibilité de le faire réécrire, de changer le cours des choses.

Et surtout, qui est le fondement même de l'espérance (Ar-Raja) : car, si nous étions "condamnés" à un destin intangible, inamovible, nous n'aurions aucune raison de vivre, et tout effort serait vain.

Et là peut-être réside (dans le fait de nous avoir laissé cette faculté) Sa Plus Grande Miséricorde.


Car rien ne L'y oblige – et surtout, rien ne L'empêche de nous l'enlever.

 
 

Tous droits réservés © Stéphane Abdallah ILTIS / Abu Al-Huda : toute reproduction interdite, même partielle, sans autorisation écrite de l'auteur.

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