Cercles fermés

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيْمِ


L'inconvénient des Turuq Sufi, c'est qu'ils se constituent en groupes relativement fermés, et donc par définition totalement exclusifs.

Ce qui est parfaitement contraire à l'universalité de l'Islam.

Certains Turuq ont même un fonctionnement sectaire, fait d'emprise psychologique et de repli sur soi : ainsi ai-je pu constater une forme de pression, consistant à pointer du doigt publiquement le disciple régulièrement absent, et visant à le culpabiliser - voire à jeter l'opprobre sur lui, insidieusement ; ou des exclusions sans préavis ni autre forme de procès.

Ces comportements relèvent en fait de l'encadrement intermédiaire, car le Shaykh Murabbi authentique est dans le partage absolu, ouvre son cœur à tous, et se garde bien de juger ou fustiger qui que ce soit pour quelque manquement que ce soit ("Si le Shaykh voyait le manquement dans le frère, il n'aurait plus de frères." disait un Shaykh).

Alors, certes, doit régner une certaine discrétion, impliquant un fonctionnement relativement confidentiel ; car tous les cœurs sont loin d'être prêts à recevoir une initiation spirituelle ;

Et même, à partir de certaines stations, une discipline de l'arcane - dans la mesure où le Murîd qui accède à des connaissances relevant du secret ne peut pas se permettre de les divulguer (mais la discrétion est un attribut à part entière de ces Maqam, et les disciples observent spontanément, d'instinct, la plus stricte confidentialité sans qu'il soit nécessaire de leur en rappeler la nécessité).

Existait-il, du temps du Prophète ﷺ, de tels groupes fonctionnant à part de la Umma, avec une visée relativement élitiste ?

Pas à ma connaissance.

À ce que j'en sache (mais je peux me tromper), les secrets de l'initiation se transmettaient de cœur à cœur, de maître à disciple, sans organisation hiérarchique conséquente entre deux.

Et le Da'wa authentique consiste, d'après moi, à ramener directement au Shaykh le plus de monde possible - lequel Shaykh éduquera les gens selon leur capacité à recevoir.

Chez certains, cette transmission se limitera aux préceptes éducatifs et jurisprudentiels élémentaires, visant le meilleur comportement possible.

Chez d'autres, plus rares, elle aboutira à l'excellence absolue (l'Ihsan), et à la connaissance intime d'ALLAH سبحانه و تعالى par l'accession à la Wilaya.

Mais à quoi bon instaurer un Système sectaire, exclusif et élitiste, qui posera un filtre et privera de nombreuses personnes de la Lumière du Shaykh ?

Peut-être ceux qui fonctionnent ainsi considèrent-ils que l'excellence n'est réservée qu'à certains êtres qui en seraient plus dignes ?

Étrange.

Car la Tariqa, c'est le Shaykh et la chaîne de transmission (Silsila) qui le lie à Sayyidina Muhammad ﷺ.

Pas un groupe d'individus isolés et repliés sur eux-mêmes.

Je serais même tenté d'appliquer ce raisonnement, toutes proportions gardées, aux madâhib.

Car un musulman qui est sous la tutelle d'un Shaykh relié au Prophète ﷺ n'a pas besoin de s'affilier à une quelconque école jurisprudentielle : celles-ci ne sont que des supports pratiques, pas des fins en soi.

Or, on a tendance à en faire, comme de certains Turuq, des religions à part entière qui s'écartent de la Umma, créant une division d'autant plus regrettable que dommageable.

Et ALLAH عز وجل est Le Plus Savant.


Cercles fermés - Blog - Stéphane Abdallah ILTIS

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