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Une femme simple

Dernière mise à jour : 27 août 2019

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيْمِ


Il y a 69 ans de cela naissait une femme dans un humble foyer de Normandie.


Elle était je crois l'avant-dernière d'une fratrie de 10.


À cette époque il n'y avait pas le confort moderne, il n'y avait pas la télé, les WC étaient dans la cour, et il y avait encore moins de smartphones.


Facebook et YouTube n'existaient pas.


Mais il y avait les liens du sang qui tenaient chaud, à table tout le monde était réuni autour du père qui veillait à la bonne tenue de chacun, et on se racontait sa journée à la chaleur du poêle et de la soupe maison.


Cette femme a ainsi grandi dans ces valeurs d'amour, de partage et d'humilité, de bonne éducation et de rudesse.


Puis elle s'est mariée avec un homme du peuple qu'elle a rencontré sur son lieu de travail à Parly 2, pas loin de Versailles.


Il ont eu deux enfants, un garçon et une fille.


Elle s'était arrêtée de travailler pour s'occuper d'eux, dans l'appartement HLM de la cité populaire où ils vivaient.


Elles les couvait un peu, ils ne sortaient jamais, mais elle leur a transmis cet amour simple des gens simples qui régnait dans cette maison.


Puis quand ils sont devenus grands, eux-mêmes happés par le tourbillon de la vie, elle a repris le travail, s'occupant avec dévouement de personnes âgées ou handicapées à domicile : aujourd'hui, on recouvre ça du nom pompeux d' « auxiliaire de vie ».


Son existence jusqu'à aujourd'hui a été laborieuse, parfois semée d'orages.


Elle a toujours fait sa part et enduré ce qu'elle devait endurer, sans jamais se révolter.


Une surdité héréditaire l'enferme dans ce handicap si incompris, mais elle le vit avec dignité, sans se plaindre.


Aujourd'hui, elle continue, à presque 70 ans, de faire des ménages en toute humilité, donnant les deux tiers de ses gains à ses enfants en galère, et gardant le reste pour les besoins du foyer.


Car dans la "République des Droits de l'Homme", les retraités ne peuvent même pas se reposer dignement après une vie de labeur (mais le Président illégitime, Attali, l'homme qui règne sans mandat du peuple depuis 38 ans, a déclaré que les vieux coûtaient cher et qu'il fallait les piquer).


Ses seuls plaisirs, ce sont sa télé et ses quatre chattes qu'elle a recueillies : deux portées de deux chatons de la même mère errante, à un an d'intervalle, qui pressentant qu'ils recevraient ici tout l'amour et les soins qu'elle pouvait espérer pour sa progéniture, les a confiés à cet humble foyer - un peu comme un passage de relais.


Après ce présent, on n'a jamais revu cette mère chat...


Cette femme simple, cette maman courageuse avec un cœur énorme, c'est ma mère.


En bonne mère, mes soucis sont les siens.


Nous échangeons peu, par nature et par pudeur, mais le cœur n'a pas besoin de mots pour se parler.


Aujourd'hui je voudrais lui dire que je l'aime, et que moi aussi je me fais du souci pour elle.


Malgré le poids des années elle n'a pas vieilli pour moi : ses yeux, son sourire, sa voix, sont les mêmes que quand j'étais enfant.


Je sais désormais que cette image, inaltérable, perdurera à jamais.


Car dans le cœur d'un enfant sa mère ne vieillit pas.


Une femme simple - Blog - Stéphane Abdallah ILTIS
De gauche à droite : ma sœur, ma mère, et moi...
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