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Passer du Shaykh à Muhammad ﷺ sans transition

Dernière mise à jour : 1 août 2023

بسم الله الرحمن الرحيم


Il vaut mieux s'éteindre en ALLAH ﷻ que s'éteindre en un Shaykh.


Mais il vaut largement mieux s'éteindre en un Shaykh que compter sur son effort personnel, s'en remettre à son âme instigatrice.


Le Shaykh ne représente jamais qu'une alternative à l'âme, un dérivatif qui permet de s'en détourner – à défaut de pouvoir s'éteindre en ALLAH ﷻ (comprendre : de pouvoir éteindre son âme instigatrice, son ego en ALLAH ﷻ).


Sachant que cette station n'est que provisoire, transitoire : le Shaykh ne sert que d'intermédiaire, le temps de s'éteindre en ALLAH ﷻ : l'objectif n'est pas de rester éteint en lui – ce qui créerait in fine une emprise d'un humain sur un autre humain.


Si on ne s'éteint pas dans le Shaykh avec L'Objectif d'atteindre ALLAH ﷻ, mais avec l'intention de s'installer durablement dans cette situation, on ne fait que déplacer le problème – même si c'est un moindre mal.


Parce que si on ne transcende pas le Shaykh, si on ne parvient pas à l'esprit du Shaykh dans sa dimension muhammadienne (qui est en réalité L'Esprit Universel), on reste bloqué au Shaykh dans sa dimension matérielle, ce qui est une impasse.


Car on se crée soi-même un lien de dépendance avec un autre humain, avec une créature – et ça devient du Shirk : en le Shaykh, il faut chercher la Haqiqa Muhammadiyya, L'Esprit, Le Divin ; pas l'homme pour l'homme.


Et quand on dit qu'il faut aimer le Shaykh pour le Shaykh, il faut comprendre qu'il faut aimer le Shaykh dans sa Dimension Divine POUR sa Dimension Divine, pas dans sa dimension matérielle pour cette simple dimension matérielle ; et dans tous les cas, il ne faut pas l'aimer pour soi-même, pour ce qu'il peut nous apporter en termes de demandes personnelles.


Et même si la dimension humaine et matérielle du Shaykh est le pont à franchir pour atteindre son esprit (et, in fine, L'Esprit), il ne faut pas se limiter à son corps : lors d'un voyage, on ne pose pas ses valises au pont qui nous permet d'atteindre l'autre rive d'un fleuve, en considérant que c'est la fin du voyage sous prétexte que le point de vue y est magnifique ; on s'empresse au contraire de franchir ce pont, de dépasser cette étape – non sans garder présentes à l'esprit l'importance qu'ont revêtue ce pont et les émotions qu'on y a éprouvées, car elles participent pleinement du périple, de l'épopée.


Et on n'atteint L'Esprit que par Rabita ; non pas cette Rabita forcée et artificielle du débutant, mais cette Rabita qui, en passant par le Shaykh (en se liant de tout cœur à lui), permet d'atteindre l'esprit muhammadien : ainsi, en aimant le Shaykh (car la Rabita n'est qu'un lien d'amour), c'est à Muhammad ﷺ qu'on parvient, sans vraiment s'en rendre compte (sans se rendre compte de ce passage de l'un à l'autre – sans transition) : car aimer le porteur de l'esprit muhammadien, c'est aimer Muhammad ﷺ.


Sans transition.



Tous droits réservés © Stéphane Abdallah ILTIS / Abu Al-Huda : toute reproduction interdite, même partielle, sans autorisation préalable de l'auteur.

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